Aimé Jacquet

Les Verts, c'est gravé à jamais dans la tête des gens. Quand tu te balades au fin fond de l'Afrique par exemple, tu as toujours un supporter Vert. L'épopée Verte, c'est exceptionnel, c'est une identité.
Il ne faut pas vivre avec son passé, mais il faut se servir du passé.
Mon éducation stéphanoise a été exceptionnelle pour moi, pour la suite de ma carrière.

           
Interview parue dans Foot Champions N° 5  (Octobre 2000)

"L’ASSE c’est ma vie. Quand je suis arrivé au club, il y avait déjà eu une grande période avant. L’identité était forte dans tous les domaines. Il y avait beaucoup de respect. C’était une période extrêmement dure mais tellement fantastique. Tout le monde allait au stade. Quand je vois Geoffroy-Guichard aujourd’hui… J’aime ce stade. Sa rénovation est une réussite car on reste dans l’histoire. Chaque portion de terrain a son histoire. Chaque tribune aussi. Nous étions dans les fumées fut un temps. L’environnement a évolué. 

Saint-Etienne, ça reste spécial. On a beau dire ce que l’on voudra, c’est sûrement un club qui marquera à jamais le football français. En plus, il a une force intérieure qui lui permet de revivre chaque fois.  Ici, on ne respire et on ne parle que de foot. Cela n’a jamais changé. C’est lié, je pense, à l’identité de cette région, à ses valeurs : le travail, la disponibilité, la volonté, la pugnacité et le respect. Je pense que l’équipe actuelle représente bien les valeurs stéphanoises. On sent que le public respire comme l’équipe. C’est la preuve que tout se passe bien, qu’il n’y a pas de rupture. on a l’impression que l’équipe a le même poumon que tous ceux qui l’entourent."     
Interview parue dans Le Progrès du 2 juillet 2015

"J'ai quitté Canal volontairement. Je me suis retiré. J'ai été très fatigué depuis trois ans, j'ai eu quelques soucis. J'ai décroché complètement. Quand on n'est plus dans l'action, il faut faire attention. Il vaut mieux ne pas répondre à tout. Faire voir qu'on connaît tout, c'est malhonnête. Je ne dis pas que je ne reprendrai pas mais il faut que je retrouve d'abord un petit peu le chemin des terrains. Je ne suis même pas venu voir une seule fois Saint-Etienne l'année dernière, vous vous rendez compte ? Mon club, si je ne suis pas venu le voir une seule fois, c'est que je suis mal ! Là ça va mieux, je reprends. Je vais retrouver un tout petit peu les sensations du terrain, regarder ce qui se passe, retrouver des situations un peu plus intéressantes. Je vais retrouver le monde du foot que j'avais délaissé volontairement. Je suis vert jusqu'au bout, il ne faut pas l'oublier ! Je suis très vert, c'est mon club d'origine. J'ai joué douze ans là-bas, ce n'est pas rien ! Mito, Berette, Revelli, c'est mes copains à moi. J'en oublie. On a vécu des moments très forts, on ne les oublie pas. A cette époque, on avait un seul club, c'est tout." 
Interview parue dans le portail d'informations  Zoomdici du 24 novembre 2013
"Arrivé à Saint-Etienne, tout a basculé pour moi. Je faisais beaucoup la fête dans mon village, mais j'ai compris que si je voulais faire du football, il fallait que j'arrête. Et Jean Snella m'a tout de suite formaté. Pour donner un ordre d'idée, j'avais l'habitude de faire des gros casse-croûtes et un jour il m'a dit : "Tu vas t'asseoir en face de moi et tenir ta fourchette et ton couteau." J'ai tout compris. Je mangeais trop de pain, je beurrais et tout ça... Snella était un homme merveilleux qui te donnait cette passion du ballon. Albert Batteux, lui, c'était le grand Reims. Un choc. Quand il arrive à Saint-Etienne, on est déjà champions, mais on découvre que l'on peut parler avec le football. On a des mots. Première causerie : quatre heures. Nous étions tous émerveillés, au moins moi. J'ai tout pris de lui."
Interview parue dans le magazine So Foot du 22 avril 2008