Données d'août 2016

Jordan VERETOUT

Né le  01/03/1993 A Ancenis (44)
Taille: 1,76 m Poids: 66 kg Nationalité: Français

Poste

Milieu de terrain relayeur

Au club depuis:  24 août 2016 (Prêt d'Aston Villa pour 1 an sans option d'achat)
Premier match en L1: 
 Nantes-Bastia : 2-0 le 10 août 2013
Clubs précédents: AS Belligné, FC Nantes, Aston Villa
Palmarès: 
  Vainqueur de la Coupe du monde U20                                 
Nombre de matches en L1: 63  
Buts en L1 :
8      
A lire :   L'arrivée de Jordan Veretout à l'ASSE  
A voir : Video sur Jordan Veretout   14 buts avec le FC Nantes   
              Saison 2014-2015 avec le FC Nantes  Wellcom to Aston Villa
              Sa saison 2015-2016 à Aston Villa
 
Sélections :
France U18 : 2 m, 2b ; U19 : 12m, 1b ; U20 : 15m, 2b ;  Espoirs : 9 m, 0b              
La formation à Nantes
Jordan Vertout commence le football à l'âge de cinq ans à Belligné. Arrivé au FC Nantes à 10 ans, il y suit toute sa formation.
Il fait ses débuts professionnels sous le maillot nantais le 13 mai 2011 lors d'un match de championnat de Ligue 2 face à Sedan, et s'impose comme un titulaire au cours de la saison suivante durant laquelle il marque six buts dont une magnifique reprise de volée au Havre. En octobre 2011, il prolonge son contrat jusqu'en 2015.
Au cours de la saison 2012-2013 il participe à la remontée du club nantais en Ligue 1 et y inscrit son premier but face à l'Olympique lyonnais, le 22 septembre 2013. En août 2014, il prolonge de deux ans, soit jusqu'en 2017, son contrat avec le FC Nantes.
Aston Villa

Le 31 juillet 2015, il s'engage pour cinq saisons avec Aston Villa.  Le club n’a pas révélé le montant de la transaction mais celle-ci avoisinerait les 10 millions d’euros. Veretout est la quatrième recrue des Villans en provenance de la Ligue 1 cet été 2015 après Jordan Amavi (Nice), Idrissa Gueye (Lille) et Jordan Ayew (Lorient). «Il a seulement 22 ans mais il a déjà beaucoup d’expérience. Il a déjà joué plus de 140 matches en Ligue 1 et c’est un jeune joueur très enthousiasmant. Je sais qu’il a une très bonne réputation en France, donc nous sommes ravis de l’avoir fait signer», a commenté Tim Sherwood le manager d’Aston Villa.
Huit jours plus tard, il prend part à son premier match avec les Villans en étant titularisé lors de la première journée de Premier League face à Bournemouth (victoire 0-1). Mais la saison ne sera pas celle espérée pour le club anglais qui se voit rélégué à la fin de la sasion et contraint de dégraisser son effectif.
ASSE
Le 24 Août 2016 il s engage avec L'AS Saint-Étienne sous forme de prêt d'Aston Villa pour une durée de 1 an sans option d'achat.

Les sélections nationales
En 2010-2011, il est titulaire en équipe de France des U18 puis l'année suivante en U19.
En 2013, il remporte la Coupe du monde avec l'équipe de France U20. La finale est gagnée au terme d'une séance de tirs au but face à l'Uruguay (0-0 après prolongations, 4-1 aux t.a.b).

 

 

Saison Club Joués Buts Coupes Europe
-2003 AS Belligné (jeunes)        
2003-2010 FC Nantes (Formation)        
2010-2011 FC Nantes (L2) 1 0    
2011-2012 FC Nantes (L2) 35 6 5m, 0b  
2012-2013 FC Nantes (L2) 31 0 3m, 1b  
2013-2014 FC Nantes (L1) 27 1 4m, 0b  
2014-2015 FC Nantes (L1) 36 7 4m, 0b  
2015-2016 Aston Villa (Premier League) 25 0 4m, 0b  
2016-2017 ASSE (L1) ... ... ... C3 : ...

Jordan Veretout vu par le quotidien France-Ouest du 26/09/2013

Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. Certaines restent lettre morte. À 18 ans, le gamin de Belligné a déjà passé la moitié de sa vie avec le maillot jaune et vert sur le dos. Et, l'idée en vogue, c'est que le bail pourrait s'étirer. Car Jordan Veretout, en dépit d'une réputation naissante, ne rêve pas d'ailleurs. Certains de ses ex-camarades de jeu qui comptabilisaient une poignée de matches de Ligue 2 n'ont pas résisté à l'appel des sirènes, au risque de se brûler les ailes. Le milieu de terrain ne veut pas griller les étapes. « Je suis jeune, je ne veux pas faire comme Loïc Nego ou Lionel Carole. Je veux progresser à Nantes. » Timide, son regard s'éclaire à mesure que son discours s'emballe à l'évocation du FC Nantes.

Un club dont il a chanté l'hymne la saison passée pour sa première apparition dans le groupe pro à Nîmes quand d'autres entonnent des refrains davantage destinés aux dancefloors. Pour sa première titularisation sous la tunique jaune à Reims en coupe de la Ligue vendredi dernier (1-0), Jordan Veretout n'a pas regardé à la dépense. Avaler les kilomètres, c'est un peu sa marque de fabrique. À l'instar d'un JérémyToulalan, Nantais pur beurre et illustre prédécesseur dans l'entrejeu. Mais il est prématuré et déplacé de se prêter au jeu des comparaisons. Parce que l'histoire regorge d'espoirs du ballon rond ayant échoué sur l'autel de commentaires dithyrambiques, emportés par des ambitions démesurées ou aveuglés par des entourages vénaux.

Landry Chauvin en a vu d'autres, à Rennes notamment, mais l'entraîneur, tout en insistant sur la marge de progression du joueur - « avant le match à Reims, il n'avait que quatre minutes de jeu en pro et disputé que quatre ou cinq matches de CFA 2 » - apprécie les dispositions de l'intéressé. « Aujourd'hui, il court et tu ne peux pas être footballeur de haut niveau si tu ne cours pas 90 minutes. Ce n'est pas le cas de tous ses collègues du milieu de terrain. Il est en permanence en lecture du jeu. S'il continue dans ce registre, il est promis à un bel avenir. Mais s'il se regarde jouer, c'est mort. »

Le jeune pro ne semble pas adepte du nombrilisme. « Je n'ai pas peur de me faire croquer ou de m'enflammer. Je ne veux pas faire n'importe quoi » assure celui qui doit s'étoffer pour prendre du volume. « Il faut qu'il prenne du poids, de la masse. Ça lui permettra de muscler son jeu » poursuit Landry Chauvin, paraphrasant Aimé Jacquet. La frêle silhouette de Veretout rappelle ainsi davantage le profil d'Eric Carrière plutôt que le gabarit de Jérémy Toulalan qui ont illuminé le milieu nantais dans des registres différents. « Aujourd'hui, dans un milieu à trois, il est à l'aise dans ce rôle de relayeur analyse Landry Chauvin. Mais je sens que très vite, il se fixera devant la défense. » Fixé peut-être, mais pas figé.

Jordan Veretout vu Pierre Mankowski (Interview de Poteaux Carrés, 26 août 2016)

Ancien entraîneur des Verts et actuel sélectionneur des Bleuets, Pierre Mankowski a accepté de répondre aux questions des potonautes sur Jordan Veretout, fraîche recrue de l'ASSE.

Veretout est tout vert. Que t'inspire son arrivée à l'ASSE en tant qu'ancien entraîneur stéphanois ? (José)
En fait, j'ai un peu une double casquette : je suis un ancien entraîneur stéphanois mais je suis aussi l'ex-sélectionneur de Jordan Veretout, que j'ai dirigé plus d'une trentaine de matches en équipe de France, des U18 aux Espoirs en passant par les U19 et les U20. Jordan a d'ailleurs été sacré champion du monde dans cette dernière catégorie aux côtés de deux joueurs stéphanois, Kurt Zouma et Pierre-Yves Polomat. J'apprécie énormément Jordan, sur le plan football je pense qu'il a d'énormes qualités. C'est un garçon qui a besoin d'être en confiance pour donner le maximum. Je pense que son arrivée à Saint-Etienne est une très bonne chose.

A quel milieu de terrain ayant évolué sous tes ordres à Sainté le comparerais-tu ? Sarr, Bibi, Bibiche ? Delpech, Chedli, Santini, Bastou, Synaeghel ? (Aloisio)
Si je devais comparer Jordan à l'un de ces joueurs que j'ai entraînés il y a vingt ans, je dirais Pape Sarr. Ils ont quelques similitudes. Ce sont deux très bons récupérateurs, et en même temps ce sont des joueurs capables d'aller vers l'avant et d'être dangereux plusieurs fois dans un match.

Quelle est la principale qualité de Jordan qui te vient spontanément à l'esprit ? (cedric26, Faiseur de Tresses)
Je mettrais en exergue sa manière d'être là où est le ballon. Jordan sens bien le jeu, il sait où se positionner, où il va récupérer. Jordan a une très bonne lecture du jeu, il sait se placer et se déplacer.

Quel est son meilleur poste ? 6, 8 ou 10 ? (Faiseur de Tresses, Yacine)
Pour moi c'est un excellent numéro huit. C'est un excellent récupérateur capable de se projeter vers l'avant et d'apporter le danger.

Avec Lemoine, Pajot, Dabo et Saivet, il y aura beaucoup de candidats au poste de relayeur. Penses-tu que Veretout dispose des qualités pour occuper le poste de n°10 dans un milieu à trois ? (epicentre)
Je crois que Jordan peut jouer à tous les postes au milieu, ça me paraît assez évident. Il peut évoluer n°10 même si à mon sens ses deux meilleurs postes sont n°8 et n°6. En tout cas Jordan est vraiment un garçon très polyvalent.

Dans quel système est-il le plus à l'aise : 4-4-2 à plat, 4-3-3, 4-2-3-1, 4-1-4-1 ? (Yacine)
Moi je pense que dans un 4-3-3 il peut être intéressant. Mais dans un 4-4-2, si tu le mets dans les deux récupérateurs, c'est bien aussi. En fait Jordan sait s'adapter à tous les schémas tactiques, il n'est pas fixé à un seul poste. C'est aussi l'énorme intérêt qu'on trouve en lui.

Peut-il éventuellement jouer piston dans un système à trois défenseurs centraux, comme un 3-4-3 ? (Faiseur de Tresses)
A mon avis ce serait plus difficile.

Est-il à l'aise pour récupérer les ballons mais aussi pour les distribuer ? (Faiseur de Tresses)
Tout à fait, ça fait partie de ses qualités. Il est vraiment très intéressant aussi bien à la récupération que dans les transmissions.

Est-il meilleur en jeu court ou long ? (Faiseur de Tresses)
Je le trouve beaucoup plus performant sur le jeu court que sur le jeu long.

Est-il physique dans les duels ? (Yacine)
Oui, y'a pas de souci à avoir avec lui dans ce domaine. Quand il est sur un terrain, il va au duel sans hésiter et il est vraiment très solide.

Jordan est-il performant sur les coups de pied arrêtés ? (Poteau gauche)
Oui, il est également adroit dans ce domaine. En résumé Jordan est un joueur très polyvalent et assez complet. Ce qu'il lui faut, c'est du jeu et de la confiance.

Il est bon dans les airs, Jordan ? (Poteau droit)
Je t'avouerai que sur les corners ce n'était pas celui qui montait, c'est celui qui restait.

Il a une bonne frappe de balle des deux pieds ? (Dresseur de Fesses)
Il n'est pas maladroit du gauche mais je pense que son pied droit est supérieur.

A-t-il encore une marge de progression conséquente ? (Parasar)
Je pense que oui. Ça fait un an ou deux qu'il ne joue pas trop. Or Jordan est vraiment quelqu'un qui a besoin de temps de jeu, de rythme pour donner le meilleur de lui-même et être à son maximum. Quand il aura ça, il sera encore plus performant.

Dans quel domaine reste-t-il perfectible ? Que doit-il améliorer pour franchir un nouveau palier ? (Yacine)
Au départ, quand on fait un effectif, il n'est jamais dans ceux que l'on coche sur le papier et qu'on voit plus titulaires. En général, on ne le met pas. Et à la fin de la saison, on se rend compte que c'est un de ceux qui a joué le plus. Pour moi c'est très bien.

Est-ce à dire qu'il faudrait que Jordan s'impose davantage et prenne encore plus conscience en son potentiel ? (José)
C'est cela, oui. Il faut qu'il ait entièrement confiance en lui et dans ce qu'il y a autour pour vraiment s'exprimer. Il en a besoin pour s'épanouir pleinement et encore progresser.

A-t-il le potentiel pour rejoindre l'équipe de France A ? (dronchau)
Chaque chose en son temps. Laisse-le déjà s'imposer à Saint-Etienne et tu me reposeras la question après !

Comment analyses-tu la saison mitigée de Jordan en Premier League ? Le penses-tu capable de "rebondir" à Saint-Etienne ? (epicentre)
Il a la capacité pour rebondir. Quand tu le vois arriver, ce n'est pas celui que tu mets en premier dans les titulaires en début de saison. Il n'est pas imposant par son gabarit, il est assez discret. C'est un joueur très régulier mais il faut lui laisser la possibilité d'être régulier.

Est-il facile à gérer ? (cedric26)
Oui, j'ai apprécié de travailler avec lui. Avec moi, il était particulièrement copain avec Lucas Digne, les deux étaient en chambre ensemble. C'était vraiment un groupe très facile à mener. Jordan est très pro, sans aucun problème.

Comment est-il dans le vestiaire ? (Nemo42)
Il est très calme. Pour moi ce n'est pas un meneur.

Est-ce qu'il a les épaules pour être un "cadre" sur le terrain, si son statut de joueur prêté le permet ? (Faiseur de Tresses)
Oui. Tu sais, le joueur qui est titulaire, c'est le joueur qui est leader par le charisme mais aussi celui qui est leader par le jeu. C'est par ses prestations que Jordan peut devenir un leader. Le leadership au sein d'un groupe, ce n'est pas sa qualité première.

A l'entraînement, c'est le dernier arrivé ou le dernier parti ? (cedric26)
Jordan est dans la moyenne. Il est ponctuel, il sera à l'heure. Ce ne sera pas le premier parti.

A Nantes, par son parcours il a souvent été comparé à Toulalan, la comparaison est-elle pertinente ? (Parasar)
 
Bof, pas plus que ça.

Si tu devais le comparer à Blaise Matuidi, que dirais-tu ? (Barre transversale)
Jordan est moins percutant que Blaise Matuidi dans la récupération, il est un peu plus discret comme joueur. Mais je pense que Jordan est plus polyvalent que Blaise.

Merci à Pierre pour sa disponibilité.

Jordan Veretout explique son choix (Source :  Poteaux Carrés, 9 septembre 2016)
Jordan Veretout : "Si j'ai pas mal joué à Aston Villa, je me suis pas non plus imposé comme titulaire indiscutable. L'Angleterre est venue à moi et ça ne se refuse pas. J'ai joué 29 matches dont 25 en Premiear League. En vertu d'une clause, Aston Villa devait verser au FC Nantes un bonus si je disputais 30 matches dans la saison. J'ai même vu un attaquant rentrer comme milieu. Je pouvais rester en Angleterre, où 8 clubs peuvent être champion et 12 descendre. Mais je ne voulais pas revivre une saison dans le fond du classement. Ce que je voulais, c'est retrouver du plaisir à jouer et le goût de la victoire. Saint-Etienne m'offre ce challenge. En Angleterre, j'ai progressé notamment dans le domaine physique. je vais plus au contact. En Angleterre, ça ne siffle pas, ça joue et ça court. C'est comme un match de basket, le ballon va d'un camp à l'autre, et quand il sort il revient directement. C'est vraiment un plaisir de jouer là-bas, dans des stades remplis. Je suis prêt à y retourner mais dans d'autres conditions."

Un portrait de Jordan Veretout par le mensuel SoFoot (octobre 2014)

Encore très performant ce week-end sur la pelouse de Guingamp, Jordan Veretout confirme qu'il est le grand espoir de la maison nantaise. De quoi rendre fiers les habitants de Belligné, sa commune d'origine, qu'il représente sur et en dehors du terrain.

À dix kilomètres de la gare la plus proche, celle de Varades, et à une vingtaine du réseau autoroutier. C'est peu dire que Belligné, où seule la départementale 10 ose s'aventurer, est ce qu'on appelle un «endroit isolé» . On parle même d'une commune qui a connu un déclin démographique post-Trente Glorieuses. Aujourd'hui, la population augmente à nouveau et, parmi les 1 759 âmes recensées en 2011 dans ce coin du 44, on compte une famille en or. L'été dernier, Étienne Foucher, alors maire de la commune, ne cache pas son émotion au moment de recevoir un gamin sur le perron de la maison commune. « Quand on se dit qu'à Belligné, on a un champion du monde…» balance fièrement le boss de Belligné. Le roi du monde ou l'enfant du pays, c'est selon, a 21 ans, porte la chemise blanche et la cravate pénible. Il s'appelle Jordan Veretout, est champion du monde U20 avec l'équipe de France, et ce petit coin de France, c'est chez lui. Précoce, celui qui a porté les couleurs de Belligné jusqu'en benjamin ne s'est jamais menti à lui-même : dans un monde de rats des villes, il est un rat des champs. Fier de ses racines et heureux de faire plaisir à ceux qui l'ont vu grandir, Jordan n'a jamais caché qu'il avait un autre chez lui, à quelques kilomètres de là. Comme beaucoup de gamins de la région, le fils Veretout vibre pour les Canaris. Comme quelques chanceux, il se souvient de 2001. Ce 12 mai, le FC Nantes reçoit l'AS Saint-Étienne. Le reste appartient à Marama Vahirua et à l'histoire. «J'aurais bien aimé descendre au milieu de la foule, mais mon père ne voulait pas, il y avait trop de monde pour un gamin.  » Jordan a huit ans et il ne le sait pas encore, mais il va finir par la fouler, cette pelouse.

Toulalan jusqu'au caleçon

La croissance démographique a repris son cours à Belligné, mais à 9 ans, Jordan, tout en contre-pied, opte pour l'exode rural. C'est à la Jonelière qu'il poursuit ses rêves d'envahissement de terrain. Un endroit qu'il ne quittera pas. Pas plus que ses habitudes. Si l'étiquette de «futur Toulalan» lui colle vite à la peau, ce n'est pas uniquement pour une histoire de poste ou une aptitude à gratter des ballons. Comme Jérémy Toulalan, Jordan Veretout n'a pas peur de venir sapé comme un sac au centre d'entraînement. Et ça, les jeunes qu'il fréquente au centre de formation ne sont pas près de l'oublier. «Jordan, c'est le jogging du club avant tout» , rigole aujourd'hui Vincent Sasso, défenseur central de Braga. «On aurait dit qu'il avait match tous les jours ! Au mieux, c'était un jean, mais avec un sweat à capuche étrange. La vérité, c'est juste que Jordan, c'était le gars de la campagne.» Mais tout n'est pas qu'une histoire de mauvais goût. Comme Antoine Griezmann et son caleçon Bob l'Éponge, Jordan fait dans le sous-vêtement porte-bonheur. «Il disait qu'il en avait plusieurs pareils pour se justifier ! Et dès qu'il en avait un nouveau, il faisait exprès de rester en caleçon dans le vestiaire pour le montrer ! » se rappelle Sasso. S'il n'est pas pudique dans le vestiaire, Jordan Veretout n'en demeure pas moins un grand timide. Du genre discret en nombre, mais de bonne composition en petit comité. Du genre mauvais perdant également, si l'on en croit son ancien coéquipier, qui se souvient de «parties de FIFA et de tennis ballon ayant tourné à la débandade» . La vérité, c'est que si Jordan n'excellait ni manette en main, ni en tennis ballon, ni même en classe, c'est aussi et surtout parce qu'il ne pouvait pas exploser tout le monde partout.

El Guerrouj, tramway et moulin

Si Belligné n'est pas suffisamment isolé pour que Jordan aille à l'école comme un Kenyan, à grandes enjambées, force est de constater que c'est au moment d'effectuer les tests physiques de début de saison que le joueur de 21 ans est le plus à l'aise. Oui, Veretout, c'est avant tout une «grosse caisse» . Impressionné par le El Guerrouj de la Jonelière à l'époque où il y était, Vincent Sasso se rappelle également «d'une vision du jeu et d'une qualité de transversales au-dessus de la moyenne» . C'est pour cela qu'il est lancé dans le grand bain à peine majeur face à Sedan, avant de disputer 35 matchs pour sa première saison chez les professionnels en 2011-2012. Précoce, Veretout a disputé 112 matchs chez les professionnels avec le FC Nantes, à seulement 21 ans. Impressionnant quand on sait qu'en parallèle, il fréquente les sélections de jeunes depuis les U18. La trajectoire semble rectiligne, mais soucieux du détail, le droitier n'a pas oublié d'y dessiner quelques dents de scie. C'est un fait : Jordan Veretout aime la vie, qui lui rend plutôt bien, sauf ce soir de mars 2013. Titularisé face à Monaco, concurrent direct pour la montée (1-1), Jordan profite de la soirée pour voir ses amis et se retrouve sur le flanc pour trois semaines. La rumeur, jamais démentie, veut qu'il soit tombé en enjambant la barrière d'un tramway. Jordan plaidera la «connerie» lorsqu'il s'excuse devant le groupe après avoir déraillé. Un groupe qui lui pardonnera aisément. Par amour du groupe, de Jordan et par fraternité. En effet, selon Vincent Sasso, entre jeunes Canaris, on partage le nid. «Il y avait six ou sept joueurs qui habitaient dans le même immeuble près de la Jonelière. C'était un peu le moulin… !» La fête au village, en somme.

 

Jordan Veretout revient sur sa saison à Aston Villa (Source : Poteaux carrés 31 octobre 2016)

Dans France Football à paraître demain, Jordan Veretout revient sur sa saison dernière à Aston Villa. Extraits.

 "L'été 2015, c'était le bon moment pour partir du FC Nantes. J'avais fait quatre ou cinq années avec les pros. J'avais envie de changer d'environnement, de culture. La Liga me plaisait le plus, des clubs espagnols m'ont approché. Mais d'autres contacts ont fait que c'est la Premier League qui s'est manifestée. Après, il était difficile pour le président de Nantes de faire marche arrière. Aston Villa a fait ce qu'il fallait. Il y avait un beau projet, ça me plaisait. Aston Villa était un club de Premier League qui me parlait, un grand nom du football anglais qui a tout gagné. J'ai dit pourquoi pas… C'était une occasion.

 Le jour où je signais à Aston Villa, Claudio Ranieri, l'entraîneur de Leicester, m'a appelé personnellement, en français. Il me connaissait très bien et voulait que je le rejoigne. Sauf que c'était le jour de mon départ ! Du coup, on a quand même réfléchi la nuit, on est restés sur place. Mais Aston Villa me parlait plus que Leicester. Je n'ai pas eu une assez grande réflexion. J'aurais dû choisir en fonction de l'entraîneur. Ranieri me connaissait, me voulait. Pas celui d'Aston Villa, Tim Sherwood, que je ne connaissais pas. Ça a été compliqué. Voilà, c'est aussi ce genre de choses qui vous fait grandir !

 Au début, Tim Sherwood m'a dit que j'étais un membre de l'effectif, qu'il y avait de la concurrence et que les meilleurs joueraient. J'ai disputé deux matches. Après, je n'ai plus joué, même quand je revenais dans le groupe. Je ne sais pas comment ils fonctionnent. Ils ne donnent pas d'explications. Et puis, j'ai eu la chance que Rémi Garde arrive. Clairement, il m'a relancé. Il m'a dit : "Voilà, je te connais très bien, tu as ma confiance, à toi de te montrer. Si tu es bon, tu joueras." Du coup j'ai joué et j'ai fini meilleur passeur de l'équipe. Mais on perdait tellement qu'à un moment on n'avait même plus le ressenti de la défaite.

 Après son limogeage en mars dernier, je ne sais pas si Aston Villa ne m'a pas fait jouer pour éviter d'avoir à payer un bonus au FC Nantes. Eux me disaient que non. J'ai disputé 29 matches, le bonus était à 30. A partir du moment où tu es remplaçant, que le milieu se blesse, qu'il y a un seul milieu sur le banc, moi, et qu'on fait entrer un attaquant, tu te poses des questions. Le nouveau coach, Eric Black, ne me parlait pas trop. Je suis allé le voir. Il m'a dit que ce n'était pas contre moi mais qu'il préférait des joueurs plus costauds dans les duels. Ça n'était pas très convaincant. J'ai compris qu'il n'était pas le seul décideur."

"La relégation d'Aston Villa en Championship m'a donné envie de partir de Birmingham. Je regardais des matches à la télé, ça n'était pas trop mon style de jeu, et je n'étais même pas certain d'y avoir ma place. Je voulais changer, partir n'importe où ! Et ne surtout pas revivre ça, même en Premier League, et même si, encore une fois, je ne regrette rien. On a parlé avec Saint-Etienne, et c'était le meilleur club pour moi. Pas pour rebondir, parce que je ne pense pas avoir fait une saison pourrie, mais pour retrouver la joie du terrain, celle de gagner des matches, d'avoir un coach qui te fait confiance, te parle et peut te faire progresser.

 J'avais d'autres propositions que celles des Verts, même en Angleterre ! Mais Saint-Etienne était la meilleure solution selon moi. J'ai eu un rendez-vous avec le staff, le coach, ils me faisaient confiance. Ça fait cinq ans que les Verts sont dans le top 5 et jouent l'Europe. Il y a une histoire, c'est un grand club avec de grands supporters, ça compte aussi. J'ai été super bien reçu. C'est vrai que je suis resté quatre ou cinq mois sans jouer, mais je me suis entraîné tout le temps et j'ai fait une préparation. Avec des matches tous les trois jours, le rythme de la compétition est revenu. On peut faire une belle saison, sur tous les tableaux.

 Le fait que Leicester soit devenu champion, franchement, ça ne m'a pas chagriné. Tout le monde m'en parlait mais c'est moi qui ai choisi, je ne regrette rien. La seule chose qu'il faut avoir en tête quand on signe quelque part, c'est le coach. Il faut avoir confiance en lui. Je n'étais jamais parti de Nantes, je manquais d'expérience, et je m'en suis rendu compte quand je suis arrivé à Aston Villa. Collectivement, ça a été un échec parce qu'on est descendus, mais personnellement, non. Ça valait le coup d'être vécu. J'ai progressé, je me suis frotté à une nouvelle culture, j'ai connu la Premier League, son intensité box to box, les grands stades, les beaux gazons, les grands joueurs. Et je n'ai pas fait une saison blanche !"

Jordan Veretout fait le point (Source : Poteaux carrés 20 novembre 2016)

Avant de défier les Aiglons ce soir (20 novembre 2016) dans le Chaudron, Jordan Veretout s'est confié au site Goal. Extraits.

 "Tout se passe très bien pour moi. Au moment de quitter Aston Villa, je voulais une équipe qui me corresponde. Sainté est un bon club. C’est un club chaleureux et c’est pour ça que je me sens bien ici et que je m’épanouis aujourd'hui. tout est réuni pour que je sois performant. Je m’entends bien avec toute l’équipe. Je prends du plaisir à m’entraîner. Je joue en match. Et quand ça va bien dans la tête, ça suit sur le terrain. J’essaye de m’épanouir du mieux possible. J'y arrive et c'est ce que j'espérais en arrivant à Sainté.

 Je suis revenu en France et depuis que je suis à "Sainté" je me sens plus fort qu’avant. J'ai l'impression d'avoir progressé dans à peu près tous les domaines, mais surtout dans l’impact, la hargne et le fait d’aller au charbon. J'ai également pris musculairement et c’est pour toutes ces raisons que je me sens plus grand aujourd’hui. j’essaye de donner le maximum sur le terrain pour l’équipe. Je veux continuer à progresser parce que je suis encore jeune, je n'ai que 23 ans. Aujourd'hui, ma priorité est de réaliser la meilleure saison possible.

 Le coach sait à quels postes je peux jouer. Depuis le début de la saison, j'ai joué plus dans un rôle de n°8. Contre le FC Metz, j’ai joué 6. Le principal, c’est de jouer. À partir de là, on se donne à 200%. Dans l’intensité, c’est élevé la Premier League ! Ça va d’une défense à l’autre. Il faut suivre... Je me rappelle que mes premiers matches étaient un peu compliqués, mais j'ai fini par prendre le rythme et on voit aujourd'hui que ça m'a beaucoup apporté parce que j’arrive à être plus souvent dans la surface adverse, à me procurer des occasions. J'ai même marqué un but il y a un moiscontre Caen. C’est aussi ça qui montre que j’ai progressé.

 Je marquais déjà au FC Nantes mais à Aston Villa j'ai manqué de réussite dans ce domaine. En revanche, j’ai réalisé 7 passes décisives. Ça reste un bon bilan pour une première saison. J’ai joué 29 matches. Il m’a manqué ces petits buts qui auraient fait la différence, mais j’espère que cette année je vais marquer et faire beaucoup de passes. A Sainté je tire les coups de pied arrêtés, c'est quelque chose qui me plait parce que sur un coup de pied arrêté, il y a souvent danger. Je me dois de m’appliquer et s’ils sont bien tirés ce n'est que du positif pour l’équipe.

 "Papy" Lemoine, c’est quelqu’un que je regardais quand j’étais jeune. J’aime encore le voir jouer et j’apprends tous les jours avec lui. Il est en reprise actuellement et j’espère qu’il va revenir le plus vite possible parce que c’est un joueur important pour la Ligue 1 et je suis sûr qu'il nous fera beaucoup de bien. Le foot anglais ’est un peu comme à Saint-Etienne. Les gens vivent pour le foot, le club et l’amour de leur écusson. Ils vont au stade, ils supportent et c’est vraiment quelque chose d'admirable. C’est pour ça aussi qu’on joue au foot. Pour jouer dans des stades en folie, et à Geoffroy Guichard les supporters le font très bien !"

Que va faire Jordan Veretout ? (Source : Poteaux carrés 20 février 2017)

Prêté par Aston Villa à l'ASSE, le meilleur milieu de terrain stéphanois de la saison Jordan Veretout a botté en touche hier quand le Daily Mail l'a interrogé sur son avenir.

"Les choses se passent bien pour moi à Saint-Etienne. C'est vraiment une bonne saison pour le club comme pour moi et j'espère que ça va continuer comme ça. Je ne sais pas encore ce qu'il se passera cet été et ce que je veux faire. Pour le moment je veux juste me concentrer sur ces derniers mois que j'ai à Saint-Etienne et conserver la bonne forme que j'ai acquise, aussi bien pour Sainté que pour moi. Après ça, je réfléchirai encore à Aston Villa. On verra ce qu'il se passera, c'est tout ce que je peux dire. Je ne savais pas que le boss de Villa Steve Bruce m'avait supervisé jeudi à Old Trafford. Je ne le connais pas vraiment de toute façon. Il faudra qu'on discute à la fin de la saison."