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Le coeur vert a battu

Source :  Site Sofoot

Jeudi 23 février 2017

La marche était trop haute. Battue sans vraiment montrer les crocs mercredi soir par Manchester United (1-0) à Geoffroy-Guichard, l'AS Saint-Étienne est éliminée de la Ligue Europa. Mais ce qu'il faut retenir, c'est avant tout l'image magnifique balancée par ses supporters à la gueule de l'Europe.

La scène a duré une poignée de minutes, mais raconte beaucoup de l'impression que laissera Geoffroy-Guichard à José Mourinho. La silhouette du technicien portugais est immobile, comme si elle prenait de plein fouet le spectacle qui lui fait face. Ses joueurs sont derrière lui, son regard est fixe. Ce mercredi soir, sa bulle de concentration aura donc été celle-ci : la tribune Charles Paret, à Saint-Étienne. Celle où vivent les Magic Fans. Tout a commencé dès l'échauffement, et même un petit peu avant. Car plus tôt dans la journée, le parfum, déjà, était différent. C'était celui de l'Europe, celui dont chacun a déjà longtemps entendu parler, celui qui rappelait le souvenir de toutes ces histoires qu'on ne cesse de se raconter pour se réchauffer quand l'institution vacille.

Être supporter de Saint-Étienne veut dire quelque chose, mercredi devait en être la démonstration. Et elle a eu lieu, comme une semaine plus tôt à Old Trafford où plus de 3000 Stéphanois avaient retourné le Théâtre du silence de Manchester malgré la lourde défaite des leurs (0-3). Au fond, les 41 000 personnes qui ont fait exploser Geoffroy-Guichard mercredi soir n'attendaient rien, si ce n'est un exploit impossible. Elles voulaient simplement retrouver, ou découvrir pour les plus jeunes, l'ambiance d'une soirée européenne. Il faut se le dire : si Saint-Étienne s'est fait retourner à l'expérience sur deux manches par Manchester United (0-3, 0-1), les Verts auront gagné la révérence de l'Europe du foot. Et celle de José Mourinho qui, après la rencontre mercredi soir, aura résumé parfaitement tout le respect qu'il porte pour la passion : «Ça a été un très grand plaisir, pour nous, de jouer ici. Vraiment.»

Chaudron magic

Alors oui, les mots du technicien portugais ne changeront rien à cette sensation que quelque chose de plus fou aurait été possible, notamment lors d'un match aller où Saint-Étienne aura bouffé plusieurs cartouches. Christophe Galtier, lui, a reconnu «qu'à partir du moment où ils [Manchester United, ndlr] marqueraient un but, ce serait mission impossible. Malheureusement, ils l'ont fait rapidement et sur une petite occasion. Là, l'exploit n'était plus réalisable. J'aurais vraiment aimé qu'on gagne ce match, avant tout pour le public qui a été exceptionnel.» Exceptionnel n'est peut-être pas assez fort. Ce match retour entre l'ASSE et Manchester United est entré dans la cour privée des soirées à atmosphère unique, et ce, devant Sir Alex Ferguson, Paul Scholes, Sir Bobby Charlton, Michel Platini ou encore Michael Owen. Plus que tout, le peuple vert a probablement renforcé sa réputation de meilleur public de France à l'heure actuelle, tant à l'export qu'à domicile. On peut se dire qu'être aussi présent face à Manchester United est simple, mais le Parc, même face au Barça, ne connaîtra probablement pas une telle ambiance avant encore trois, quatre, cinq ans. Peut-être même plus jamais malgré le retour progressif d'un soutien populaire qui fait du bien.

C'est avant tout ce que l'on retiendra de cette soirée où le foot serait presque passé au second plan, comme s'il n'était devenu qu'un prétexte pour faire la fête. Le coup de sifflet final en a été la plus belle représentation car, malgré une défaite sans se battre, les Verts ont reçu une ovation monstrueuse de Geoffroy-Guichard sur l'iconique «chalala lalalala, oh Saint-Étienne» importé de Trondheim, où Rosenborg en a fait son cri de ralliement, par Ole Kristian Selnæs. La soirée avait commencé par un tifo sous forme de leçon donnée à Old Trafford - «Notre chaudron magic n'a rien à envier à un théâtre soporifique» - et elle s'est terminée sur une chaleur particulière également portée par les Green Angels. Celle des grands soirs. Ceux d'Europe. Ceux que Saint-Étienne se doit maintenant de retrouver au plus vite. Et ça commence par la réception de Caen dimanche. Moins sexy, mais le plaisir ne vient qu'à qui sait souffrir.