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Salif Keïta revient sur ses vertes années

Source :  On a tous un côté foot

Samedi  15 octobre 2016

Salif Keita revient sur ses vertes années dans un entretien paru hier soir sur le site On a tous un côté foot. Extraits.

 "J’ai atterri à Orly où devait m’attendre un dirigeant stéphanois mais comme il n’y avait personne, j’ai pris un taxi pour… Saint-Etienne. J’avais 20 ans, je quittais mon pays pour la première fois, et je n’imaginais pas qu’il y avait autant de kilomètres. Le club a payé la note ! J’allais très vite avec le ballon et pour marquer autant de buts il fallait que je possède encore d’autres qualités techniques mais je n’aime pas trop parler de moi. Ce n’est pas dans nos mentalités au Mali de se mettre en avant. Je retiens juste que j’ai trouvé à Saint-Etienne le contexte idéal pour me permettre de m’exprimer. Avec un tel coach, un  tel public et un club qui montait en puissance, j’étais au bon endroit au bon moment comme on dit. C’était facile pour moi de jouer dans cet environnement.

 Les jeunes d'aujourd'hui me connaissent un peu quand même, surtout à Saint-Etienne. Je suis toujours agréablement surpris par l’accueil qui m‘y est réservé. Les jeunes ne savent pas forcément quel joueur j’étais mais ils connaissent mon nom. Le club sait préserver son histoire et mettre en valeur ses anciens. Je suis invité deux ou trois fois par an et je reviens toujours avec plaisir car je suis un des ambassadeurs du club. J’étais là pour la victoire en coupe de la Ligue, pour les 80 ans du club, pour l’inauguration du musée des Verts à Geoffroy Guichard. Et je constate chaque fois que même si les résultats ne sont plus aussi fantastiques qu’à l’époque, l’engouement est toujours le même autour des Verts.

 En 1972, après six années fantastiques à Saint-Etienne, beaucoup de grands clubs européens m’ont contacté, les meilleurs du moment, l’Ajax et le Bayern notamment. Je ne me doutais pas que le club allait continuer à grandir jusqu’à atteindre une finale de coupe d’Europe. Bien sûr, j’aurais aimé y participer mais je pense y avoir contribué en montrant la voie. On avait notamment éliminé le Bayern en remontant deux buts. C’est grâce à toute cette expérience que les joueurs d’Herbin, qui était passé entraîneur, ont pu faire tous ces exploits. Je ne regrette qu’une chose : être parti en mauvais termes avec le club. Je me suis retrouvé à l'OM par la faute des dirigeants stéphanois… alors que je ne voulais pas forcément y aller. Si ça c’était bien passé avec le président Rocher, j’aurais été prêt à rester à Saint-Etienne toute ma carrière.

 Je ne suis resté à Marseille qu’une saison, l’ambiance n’était évidemment pas la même. Je me suis senti moins à mon aise dans un club qui plaçait les individualités au dessus du collectif, alors que c’était l’inverse à Saint-Etienne et ça correspondait mieux à l’éducation que j’avais reçue… et aux valeurs que j’ai ensuite essayé de transmettre à mon retour pour créer le premier centre de formation au Mali. J'ai joué trois ans en Espagne (Valence), trois autres au Portugal (Sporting) pour finir aux USA (Boston). Mais je suis avant tout Stéphanois ! Je suis à la retraite mais je fais encore partie du comité d’administration de mon hôtel. Je préside aussi un club, émanation du Centre Salif Keita que j’ai créé en 1994 et qui a déjà formé pas mal de bons joueurs, passés professionnels en France ou ailleurs, les Diabaté, Keita ou Diarra."