Données de juillet 2017

Loïc PERRIN

Né le  07/08/1985 A Saint-Étienne
Taille: 1,75 m Poids: 63 kg Nationalité: Français

Poste

Milieu défensif

Au club depuis: 1996
Contrat :
jusqu'en juin 2008, prolongé jusqu'en 2010 puis 2011 le 20 août 2007. Prolongation le 20/12/2010 jusqu'en juin 2014. Prolongation jusqu'en 2016 le 25 avril 2013. Prolongation le 24/09/2014 jusqu'en 2018. Prolongation le 07/04/2017 jusqu'en 2020.
Premier match en L2: 
15 août 2003 : ASSE-Lorient : 2-1
Premier match en L1: 
14 août 2004 : Lens-ASSE : 3-0
Clubs précédents: 
Périgneux, St Charles La Vigilante
Palmarès: 
Coupe de la Loire moins de 13 ans, Finaliste moins de 15 national, Champion de France de L2 avec l'ASSE en 2003-2004
Coupe de la Ligue 2013 (ASSE)
Nombre de matches en L2:  7   en L1 : 303
Buts:
 26 
En savoir plus : Loïc Perrin, l'avenir verdoyant        20 décembre 2010 : Loïc Perrin prolonge son contrat jusqu'en juin 2014  
25 avril 2013 : Loïc Perrin prolonge son contrat jusqu'en 2016     16 mars 2014 : Qui est Loïc Perrin ?  
24 septembre 2014 : Prolongation du contrat jusqu'en 2018 
3 octobre 2015 : Loïc Perrin élu capitaine le plus emblématique de la L1 
11 août 2016 : Loïc Perrin dans le top 10 des Verts 
12 octobre 2016 : Loïc Perrin toujours vert 
7 avril 2017 : Loïc Perrin prolonge jusqu'en 2020
8 août 2017 : Itinéraire d'un géant vert (superbe article de Franck Talluto du Figaro)  
8 août 2017 : Loïc Perrin : une nouvelle ère avec Oscar Garcia 
7 novembre 2017 : L'exemplaire Loïc Perrin

Quel été ! Entre juin et septembre 2003, rien n'aura résisté à Loïc Perrin. En moins de trois mois, le Stéphanois a tout décroché: le BAC, le permis de conduire, le passage chez les pros. La passe de trois. Son été n'a pas été chaud, il a été torride. Loïc n'en revient d'ailleurs toujours pas: «J'ai eu tout ce que je désirais. Tout a été tellement vite que je ne me suis pas vraiment rendu compte de ce qui m'arrivait. Je n'ai pas eu le temps de prendre du recul». Une sorte de conte de fées qui s'est réalisé.
Les études, la voiture, ce sont des choses qui peuvent se prévoir. Le ballon rond est beaucoup plus hasardeux. On ne sait jamais dans quel sens il va tourner. Loïc n'avait pas beaucoup de matchs de CFA dans les jambes quand Antonetti a fait appel à lui. Il avait quelques séances d'entraînement avec les pros. C'est tout. Beaucoup ont été surpris, à commencer par l'intéressé qui se souvient que c'était un vendredi, juste avant un départ pour Nancy. Impressionné le petit nouveau ? Pas tellement: «Finalement, on n'a pas le temps d'y penser car le match arrive vite».
L'ÉCHAUFFEMENT AVANT LORIENT
Il était resté sur le banc mais Antonetti avait eu un mois auparavant pour le juger. On se souvient de ses propos la veille de la rencontre: «Loïc est un joueur comme je les aime. Il veut progresser. Il prend sa carrière par le bon bout. Il ne se fait pas de films comme on le voit trop souvent». Que de compliments dans la bouche de quelqu'un qui n'est pourtant pas habitué à en faire facilement.
Depuis, le milieu de terrain défensif (son poste de prédilection) poursuit son chemin, discrètement. Il est rentré un quart d'heure face à Lorient et n'est pas prêt d'oublier les vingt minutes d'échauffement. Ses premiers frissons dans le Chaudron: «Il y avait vraiment beaucoup de bruit. Ça résonne de partout. C'est impressionnant».
Sur le terrain, ce n'est pas mal non plus dit-on. Il se souvient des consignes que lui avait glissées Frédéric Antonetti avant de remplacer Stéphane Hernandez au pied levé: «Il m'a dit «tu joues comme tu sais jouer, tu fais comme à l'entraînement et tout se passera bien»». Après, ce sont ses coéquipiers qui ont pris le relais. Du geste et de la voix. Les conseils précieux des aînés: «Mes coéquipiers m'ont tous parlé. Ils m'ont mis en confiance. Laurent Morestin m'a tout de suite bien placé. On a besoin de cela quand on est jeune».
«JE SUIS UN BATTANT»
Le lendemain, le téléphone n'a pas arrêté de sonner. On lui parle d'un début de célébrité depuis qu'il a joué une heure contre Valence, qu'il s'est déplacé à Créteil et Sedan, Loïc sourit: «Pour moi, c'est comme avant. Rien n'a changé. Mes parents sont là pour que je ne m'enflamme pas». Tout est question aussi de caractère. Le Stéphanois n'est pas trop du genre à frimer, à se mettre en avant. Ses preuves, il les fait au quotidien, en agissant, plus qu'en parlant. Un vrai homme de terrain: «Je ne me prends la tête. Je me donne à fond tout le temps, que ce soit en match ou à l'entraînement. J'ai ce que je mérite, je suis un battant. Il me manque encore l'expérience, la lucidité. En L2, tout est plus rapide, donc il faut vite voir le jeu».
Il n'y a pas si longtemps, il regardait les matchs de l'ASSE des tribunes, en supporter. Son père, footballeur à l'ATSCAF, l'a emmené à Geoffroy-Guichard quand il était tout gamin. Il ne se rappelle plus des dates, ni des équipes qui s'étaient affrontées (sauf pour un Côte-Chaude-PSG qui l'a marqué). Il n'a pas non plus d'idoles, juste de l'admiration pour José Aloisio «impressionnant» mais il se souvient de l'essentiel: «L'ASSE c'est l'épopée, c'est quelque chose de mythique. Mon père m'a raconté. En 76, il était dans les gradins. Cela devait être quelque chose. Je suis fier de porter ce maillot vert. Ce n'était peut-être pas un rêve inaccessible mais je n'y pensais pas trop. Il faut être réaliste. Il n'y en a pas beaucoup qui réussisse. On va voir la suite». L'un des derniers Stéphanois à avoir percé s'appelle Fabien Boudarène . Un autre milieu de terrain défensif. Peut-être un signe du destin.
PREMIÈRE LICENCE À PÉRIGNEUX

Son chemin dans le monde du football, Loïc l'a toujours parcouru dans la région stéphanoise. Ses premiers pas sur un terrain de football, il les a effectués tout petit, si jeune qu'il lui est même difficile de s'en souvenir. « J'étais souvent sur les terrains de foot où j'accompagnais mon père. Je devais avoir quatre ou cinq ans à cette époque, mais ma première licence, je l'ai signée à Périgneux, en débutant » affirme-t-il. Le football est alors complètement entré dans la tête du jeune Stéphanois, il ne lui reste plus qu'à mûrir, c'est ce qui va se passer au club de Saint-Charles-la-Vigilante, où il restera jusqu'à ce que l'ASSE vienne le chercher pour intégrer le centre de formation en moins de 13 ans première année.
De son passage à Saint-Charles-la-Vigilante, Loïc ne garde que de bons souvenirs : « C'était vraiment du plaisir tous les jours. D'ailleurs j'ai refusé une première fois de venir à l'ASSE, je ne voulais pas partir de mon club, puis en moins de 13 ans, j'ai décidé de passer le pas. » Une évolution presque obligée pour son entraîneur de l'époque, Serge Cortial, « à St-Charles-la-Vigilante, on voyait déjà qu'il était au-dessus du lot. D'ailleurs il est arrivé en poussins puis nous l'avons surclassé en pupilles à 11, c'était le nom des catégories à l'époque. Du coup, le groupe de jeunes joueurs qui était autour de lui a progressé en même temps, il les a tirés vers le haut. C'était normal qu'ensuite il vise au-dessus et signe à l'ASSE. »
Loïc lui se souvient de son départ qu'il a annoncé lui-même à ses jeunes coéquipiers :« C'était vraiment dur de partir, parce que j'avais mes amis au club, et puis j'étais plutôt jeune. »
UN PHYSIQUE « AU-DESSUS DE LA MOYENNE »
Mais la transition vers le centre de formation d'un club professionnel se fera finalement sans problème car ce pur Stéphanois possède, entre autres, des qualités physiques « au-dessus de la moyenne » comme le relève encore Serge Cortial. Il pratique d'ailleurs plusieurs activités physiques, poussé par des parents sportifs et une grosse envie de « courir. J'adore courir et j'ai pratiqué pas mal de sports. » Parmi celui-ci l'athlétisme, « qui m'a beaucoup apporté ».
Athlète accompli, Loïc a aussi besoin d'un environnement serein pour poursuivre sa progression autant sur le plan physique que mental: « Comme je suis Stéphanois, j'ai eu la chance de toujours pouvoir rentrer chez moi, pas besoin de dormir au centre de formation. C'est un énorme avantage, parce que je voyais ma famille chaque jour. Mon entourage a été présent dans les bons comme dans les mauvais moments. »
La trajectoire du jeune Stéphanois est alors « classique » : « Du côté scolaire, j'intègre Tézenas où j'ai des horaires aménagés et puis je joue au foot et je progresse sans cesse. » Dans cette ascension rectiligne vers le haut niveau, quelques trophées s'invitent, comme pour l'encourager à aller chercher encore plus de résultats, encore plus de sensations : « Avec mon équipe, j'ai remporté une coupe de la Loire moins de 13 ans et perdu une finale du championnat de France des moins de 15 ans face l'INF Clairefontaine. L'an passé en 18 ans, nous perdons en demi-finale de la coupe Gambardella puis dans les phases finales du championnat de France. »
« UN ÉTAT D'ESPRIT IRRÉPROCHABLE »
Aujourd'hui, celui dont l'un de ses entraîneurs, Jean-Philippe Primard, dit qu'« il a un état d'esprit irréprochable » avoue : « Je suis content d'être arrivé à ce niveau car je ne m'y attendais pas. Mon but en début de saison était de m'entraîner quelques fois avec les professionnels Je vais m'accrocher pour rester au contact. »
Pur produit du centre de formation et symbole de la politique mise en place par Frédéric Antonetti, celle de donner leur chance aux jeunes, Loïc Perrin, à seulement 18 ans, peut déjà se targuer de faire partie des espoirs sur lesquels le club stéphanois espère construire une nouvelle histoire. Sachant que rien n'est jamais acquis, il ne s'arrête cependant pas à ces considérations : « Je veux simplement poursuivre ma formation et continuer à progresser. Je n'ai jamais vraiment pensé que je pouvais devenir professionnel un jour, enfin jusqu'à cette année. Maintenant, cela commence à me trotter dans la tête. »
PREMIER CONTRAT PROFESSIONNEL 
Ce premier contrat (3 ans et demi, jusqu'en juin 2008), l'ASSE va le lui proposer en décembre 2004, tout comme à Abdelazzi Kamara : aboutissement d'une formation et prélude d'une belle carrière. 
PREMIERS MALHEURS
La saison 2005-2006 lui permettra de s'imposer chez les pros. Il jouera à 26 reprises marquant 2 buts face au Mans et à Lens. Malheureusement, cette saison sera ternie par l'agression du Marseillais Civelli : la blessure au genou le privera de la fin de saison. Ses malheurs ne s'arrêteront pas là : durant la préparation de la saison 2006-2007, il se blessera gravement lors d'un match amical à Lens. Verdict : rupture des ligaments croisés du genou, 6 mois d'arrêt. Espérons que nous retrouverons Loïc Perrin pour la deuxième partie de la saison. Dès le début décembre 2006, les dirigeants lui témoignent leur confiance en lui faisant signer une prolongation de son contrat : Loïc Perrin est donc lié aux Verts jusqu'en 2010. 
UNE LONGUE SÉRIE DE BLESSURES

- le 11 mars 2006, au Stade Vélodrome, l'incivil et écervelé Civelli le tacle sauvagement au bout d'un quart d'heure de jeu. Victime d'une entorse du genou gauche, Perrin est indisponible deux mois et ne réapparaît que quelques minutes lors de l'ultime match de la saison à Ajaccio.
- le 15 juillet 2006, lors d'un match de préparation contre Lens, Loïc se rompt les ligaments croisés antérieurs du genou droit. Éloigné des terrains pendant huit mois, il fait son grand retour à domicile contre Troyes le 17 mars 2007 (victoire 3-1)
- le 27 janvier 2008, il se claque aux adducteurs en plein derby à Geoffroy-Guichard et doit céder sa place à Guarin à la 54ème minute alors que les Verts mènent 1-0... Après trois semaines d'indisponibilité, Perrin rejoue contre Nancy et marque le premier but de ce match capital (victoire 4-0)
- le 16 août 2008, il déclare forfait pour le match de la 2ème journée contre Sochaux en raison de problèmes tendineux apparus à l'entraînement. Vite rétabli, il retrouve sa place le week-end suivant au Mans (défaite 1-0).
- le 1er novembre 2008, Loïc Perrin se blesse dans ce maudit Stade Vélodrome. S'il joue cette fois l'intégralité du match (défaite 3-1), il se blesse (déjà !) aux ischio-jambiers. Indisponible quatre semaines, il entre en jeu à Bruges le 27 novembre (1-1) avant de retrouver sa place de titulaire trois jours pus tard à Nancy (victoire 2-1)
- le 6 décembre 2008, il sort à la mi-temps du match contre Le Havre (victoire 2-0). Souffrant d'une grosse élongation à la cuisse, il lui faut six semaines pour être de nouveau opérationnel et retrouver son brassard de capitaine contre Le Mans (1-1) le 17 janvier. Il devra hélas le rendre une semaine plus tard en quittant prématurément la pelouse du Stade de la Route de Lorient...

- Sorti à la 55ème minute, LE 24 janvier 2009, lors du 16ème de finale de coupe de France à Rennes, Loïc Perrin souffre d'une lésion musculaire aux ischio-jambiers. Indisponible plusieurs semaines, il ratera le derby du 31 janvier. Décidément, le hic avec Loïc, c'est son physique ! 
- De retour avec la CFA, le 22 mars 2009, il rentre à la mi-temps du match contre Agde en remplacement de Landrin, autre convalescent, inscrit le but égalisateur, et se blesse aussitôt. Verdict : nouvelle lésion musculaire et saison 2008-2009 quasiment terminée ! Décidément, le hic avec Loïc, c'est la fragilité de son physique ! 
- La saison 2009-2010 le voit disputer la moitié des matches, mais on peut constater que l'ASSE est dépendante de Loïc Perrin. Pourtant, à l'intersaison, il a bien failli quitter le navire vert, attiré par les sirènes monégasques. Mais Christophe Galtier a su trouver les arguments pour le conserver dans son effectif.
- 2010-2011 voit son retour au plus haut niveau. Moins souvent blessé, il est un des grands artisans du début de saison tonitruant de l'ASSE. Le 20 décembre 2010, il prolonge son bail avec les Verts jusqu'en 2014.
- Le 31 août 2011, en coupe de la Ligue face à Bordeaux, il est victime d'une rupture des ligaments croisés et est indisponible pour une durée de 6 mois. Après cette grave blessure, il fait son retour le 31 mars 2012 lors de la rencontre comptant pour la 30e journée de Ligue 1 entre Saint-Étienne et l'OGC Nice (2-3). Il remplace Laurent Battles à la 64e minute.



Saison Club Joués Buts Coupes Europe
Avant 1996 Périgneux puis
Saint-Charles-la-Vigilante
       
1996-2001 ASSE Formation      
2001-2002 ASSE (-18ans)        
2002-2003 ASSE (-18, CFA) 4 matches en CFA 0    
2003-2004 ASSE (CFA et L2) 7 en L2 0    
2004-2005 ASSE (CFA et L1) 15 en L1 0    
2005-2006 ASSE (L1) 26 2 2 m  
2006-2007 ASSE (L1) 10 0    
2007-2008 ASSE (L1) 35 2 2 m  
2008-2009 ASSE (L1) 14 0 1 m C3 : 4 m, 1 but
2009-2010 ASSE (L1) 18 2 4 m  
2010-2011 ASSE (L1) 27 4 1 m  
2011-2012 ASSE (L1) 11 0    
2012-2013 ASSE (L1) 34 2 7 m  
2013-2014 ASSE (L1) 34 6 1 m C3 : 3 m, 1 but
2014-2015 ASSE (L1) 28 1 7 m C3 : 7m, 0 but
2015-2016 ASSE (L1) 24 3 2 m C3 : 8m, 0 but
2016-2017 ASSE (L1) 27 4 3 m C3 : 10m, 0 but
2017-2018 ASSE (L1) ... ... ...  

Le portrait de Loïc Perrin par Christophe Galtier et Laurent Roussey

Christophe Galtier et Laurent Roussey brossent le portrait de Loïc Perrin dans la dernière édition de l'Equipe du 16 avril 2016. 

Christophe Galtier : "Loïc fait briller les autres. Quand les recruteurs européens viennent, ils voient Zouma parce qu'à côté de lui il y a Loïc. Il est à l'image de ce qu'il renvoie, intelligent et calme. Gendre idéal, ce n'est pas péjoratif ! Il a de la personnalité, il sait ne pas être d'accord et le dire. Je le consulte tout le temps quand j'ai une décision importante à prendre. Avec lui, il n'y a pas de conflit car il est très franc, il ne sait pas mentir. Il ne dit pas amen, il ne dit pas oui tout le temps."

 Laurent Roussey : "Il a besoin qu'on le pousse, il n'a pas forcément en lui l'envie de devenir le meilleur. Ce n'est pas quelqu'un qui va se mettre en avant. Je l'avais nommé capitaine justement pour qu'il explore sa personnalité., pour lui permettre de se révéler. A l'époque, on m'avait traité de fou car était jeune, trop timide. Le temps m'a donné raison. Il n'est pas bling-bling et ne dira rien d'extraordinaire seulement pour être dans les journaux, pour avoir un beau papier."

 Dans celui que lui consacre l'Equipe, Loïc Perrin fait quand même une déclaration qui va faire parler. "Couper le cordon me ferait bizarre, cela fait 20 ans que je vis ici, ce serait un déchirement mais ce serait pour un projet intéressant. La Ligue Europa, j'y ai pris goût, on verra en fin de saison. J'attends des réponses."

En épilogue de Nos années en vert, paru aux éditions de l'Artilleur le 13 avril, Captain Larqué a recueilli les propos de Captain Perrin. Extraits.

 "Le capitanat m'est tombé dessus très jeune. Laurent Roussey m'a convoqué dans son bureau pour me signifier qu'après le départ de Julien Sablé, ce serait à moi de prendre le relais. Je mesurais l'ampleur de la tâche, parce que Julien – sans lui faire offense – n'était pas une star comme en voit aujourd'hui, mais était vraiment un joueur emblématique, un leader, un vrai, un mec sur lequel tu peux t'appuyer et qui incarnait les valeurs du club faites d'humilité, de rigueur et de travail. A 22 ans, hériter de ce brassard et endosser ce rôle particulier n'était pas un cadeau ! 

Mais j'étais l'enfant du club, celui qui avait porté le maillot de toutes les équipes, des plus jeunes à celle des professionnels.  Je n'avais pas le choix. C'était presque un ultimatum. Alors, j'ai dit oui. J'ai bien essayé de refiler le bébé à Papus Camara, mais il était en partance pour Paris. De toutes parts, j'étais coincé. Mes coéquipiers, pour la plupart plus âgés que moi, n'ont jamais mis en avant leur ancienneté pour contester ce capitanat. Et puis, au fond de moi, j'étais très fier. Moi, l'enfant trempé dans le Chaudron, on me confiait un rôle de premier plan dans la seule équipe de mon cœur. 

Il n'y a pas eu de vote pour ma désignation. Dans certains clubs c'est le cas, mais je ne sais même pas si mon président était au courant. J'ai eu un tête à tête avec le coach, dont je me souviens comme si c'était hier. Mes premiers entraînements, mes premiers matches avec les poussins et tant d'autres me sont alors revenus en mémoire. Je me suis demandé si tout cela était bien réel. Tellement de joueurs auraient voulu être à ma place… Seule l'angoisse de ne pas décevoir m'a habité. 

Evidemment, je fais l'interface entre le staff et avec la direction. Très souvent, le coach me consulte, me demande mon ressenti. C'est parfois difficile, car je ne veux pas marcher sur les plates-bandes de qui que ce soit. Mais je ne peux pas non plus servir de la langue de bois. Je e dois d'être diplomate, juste ce qu'il faut. Au fond de moi, j'ai toujours le même sentiment : celui d'être l'enfant du club, le "gâté" comme dirait le président, celui avec lequel on est plus tolérant, plus compréhensif. 

La Coupe de la Ligue remportée en 2013 nous a totalement changés. Jusque-là, dans les vestiaires, on ne parlait pas des "années d'avant", parce que ça nous prenait la tête. Depuis, on n'en parle pas, parce qu'on a gagné quelque chose : nous ne sommes ni nus ni nuls. Avec Jérémy Clément, on s'est dit également que ce serait formidable d'inscrire une ligne supplémentaire au palmarès. Mais les différences de budgets sont telles qu'il faut un vrai concours de circonstances pour accrocher une breloque. On y est arrivé une fois. Nous allons retenter notre chance… 

Le privilège d'être un "vrai Vert" est d'avoir suivi tous ces progrès, saison après saison. Geoffroy-Guichard  est un magnifique stade et les installations de l'Etrat sont de haut niveau. Au-delà des discours, on s'est installé dans le haut du tableau en championnat. Et qui sait, une saison où les challengers du PSG, intouchable, sont en difficulté, pourquoi ne pas rêver du podium ?

 Il y a eu de la part de la direction la volonté de tendre la main aux anciens comme Jean-Philippe Primard, Thierry Oleksiak, Julien Sablé, Laurent Batlles, Lilian Compan. C'est prévu dans mon contrat que je fasse un jour partie du staff. Mais dans quel rôle ? Je ne suis pas du genre à jouer des coudes. Pour l'instant, je suis tout à ma fonction de joueur, et bien sûr, de capitaine, en espérant, je le répète, être à la hauteur de la confiance que l'on me manifeste."

Plusieurs joueurs de la mythique épopée des Verts rendent un hommage appuyé à Loïc Perrin dans Nos années en vert, bouquin de Jean-Michal Larqué paru le 13 avril aux éditions de l'Artilleur. 

Pierre Repellini : "Je ne me reconnais pas toujours dans les joueurs actuels, à quelques exceptions près, comme Loïc Perrin. Il est non seulement natif de la ville mais porte le maillot vert avec fidélité. C'est un battant et un gagneur. Il ne rechigne jamais devant l'effort et ne se prend pas pour une star. Il vit tranquillement avec sa famille. Il présente bien et sait s'exprimer devant une caméra."

 Alain Merchadier : "Loïc Perrin, qui est non seulement originaire de Saint-Etienne, mais témoigne aussi d'un très grand respect pour son club et d'un amour du maillot, me paraît un digne héritier. Il a fait toute sa carrière au club, refusant des transferts très lucratifs."

 Christian Lopez : "Je me reconnais dans Loïc Perrin qui joue à mon poste. Il est natif de Saint-Etienne et a été formé au club. Il porte les valeurs qui étaient déjà les nôtres, quatre décennies plus tôt. C'est un bon héritier."

 Dominique Bathenay : "Loïc Perrin, qui est né à Saint-Etienne et reste fidèle au club depuis longtemps me semble un bon successeur."

Julien Sablé encense Loïc Perrin (Source : Poteaux Carrés 31 août 2016).

Dans la dernière édition du Progrès, Juju encense Dieu. Extraits.

 "Loïc s’est bonifié, comme le vin, en plus c’est un grand amateur de vin. La plus grande fierté de voir Loïc avec le brassard et faire la carrière qu’il est en train de réaliser, c’est que c’est un vrai Stéphanois, qui était supporter du club quand il était petit, sa famille aussi. Aujourd’hui, c’est le plus beau représentant des valeurs stéphanoises qu’on puisse avoir, une formidable vitrine.

 Je lui ai dit, quand je suis revenu au club, que j’espère qu’il va faire une carrière à la Paolo Maldini. Ça voudra dire que le club sera en haut de l’affiche, parce que je connais le niveau d’ambition de Loïc. Le seul conseil que je peux lui donner, c’est que de mon expérience, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs et que c’est une grande chance d’être capitaine de l’AS Saint-Etienne."

La fidélité de Loïc Perrin (Source : Poteaux Carrés 2 mars 2017).

Loïc Perrin a fait ses débuts en pro sous le maillot Vert en 2003 (un 15 août, c'est-à-dire le jour où Marie est entrée dans la gloire de Dieu selon le dogme chrétien ; on vous laisse en tirer les conclusions mystiques que vous voulez).

 Ces 13 saisons et demi ne suffisent pas encore à faire de lui le joueur pro le plus fidèle de L1 en activité, mais presque : seul Nicolas Seube fait mieux dans l'Hexagone, selon le CIES.

 A l'échelle des 5 grands championnats européens, Dieu se classe à la 9è position derrière (par ordre décroissant)

* Iniesta, Pellissier, Weidenfeller et Palombo : 14,5 saisons

* Gigi Buffon (et Nicolas Seube) : 15,5

* John Terry : 18,5

* et enfin Francesco Totti, 24 saisons déjà sous le maillot giallorosso ! A ses débuts, Loïc Perrin n'avait pas encore 8 ans et Moravcik se préparait à conduire les Verts vers une mémorable victoire contre l'OM en Coupe de France...

Loïc Perrin et les cartons(Source : Poteaux Carrés 22 septembre 2017).

Dans l'Equipe, Loïc Perrin explique pourquoi il n'a pris qu'un seul carton rouge en 309 matches de L1, le 30 avril 2016 contre Toulouse. Extraits.

 "Je crois que j'ai toujours eu du sang-froid. J'arrive à garder ma lucidité. Les attaquants qui provoquent verbalement, par exemple, ça ne me dérange pas. Je reste dans mon match sans souci. Ça ne m'est même jamais arrivé qu'on me provoque beaucoup parce qu'un joueur qui fait ça a envie qu'on lui réponde, et moi, je ne rentre pas dans son jeu. Par contre, la frustration est plus difficile à gérer quand on perd, mais je parviens toujours à me projeter sur la suite, à me dire que c'est important de ne pas craquer pour ne pas pénaliser l'équipe pour le match suivant. La clé, c'est la concentration, l'intelligence pour défendre, la connaissance de l'adversaire pour bien anticiper. L'expérience aide beaucoup pour ça. J'ai toujours eu en tête l'idée de faire le moins de fautes possible. Et surtout le moins de fautes grossières.

 Aujourd'hui, les coups de pied arrêtés décantent énormément de matches. Moins tu fais de gestes déplacés, moins tu risques de pénaliser l'équipe. Je n'ai jamais cherché à faire mal, mais j'ai toujours aimé les duels. J'ai été formé milieu défensif, un secteur où il y a beaucoup de duels. J'y vais, au combat ! Et je ne m'interdis pas de faire des fautes. Je dirais même que certains cartons jaunes sont importants à prendre, quand ils annihilent une action dangereuse. Il faut juste que le carton serve. Certaines saisons, j'ai pris pas mal de cartons jaunes. Surtout quand je jouais au milieu de terrain: je faisais des fautes tactiques pour empêcher l'adversaire de partir en contre. Quand tu joues derrière, c'est différent. La faute est plus grave: à chaque fois, elle offre une situation de but. Je fais plus attention.

 En tant que capitaine, je n'engueule jamais un coéquipier qui prend un rouge, parce que le premier déçu, c'est celui qui est expulsé. Mon rôle, c'est plutôt de le réconforter, j'ai de la peine pour lui. Je n'ai pas le souvenir d'avoir un coéquipier qui pète un plomb et envoie un attentat. Par contre, je peux faire des remarques au sujet des fautes bêtes, comme enlever son maillot quand on a marqué. Bryan Dabo l'a fait contre Amiens. C'est bête parce que, s'il prend un carton derrière, c'est rouge. Là, en tant que capitaine, je lui ai dit. Contre Angers, Vincent Pajot a commis un excès d'engagement mais à aucun moment, il ne veut être méchant. Il s'engage pour couper un centre et essayer de marquer, mais, hélas, il rentre dans le gardien avec ses crampons. C'est malheureux

 Ça ne tient à rien de recevoir un carton rouge  Le jour où j'en ai pris un, c'était sur une action qui allait très vite. Sur une contre-attaque de l'adversaire, je m'engage, mais le Toulousain va plus vite que moi et touche le ballon avant. C'est l'exemple du geste mal maîtrisé qui peut arriver à tout le monde. Cette stat, un carton rouge en 309 matches de L1, elle compte quand même, parce qu'elle est en accord avec ma façon d'être. Mais des joueurs ont fait des carrières fantastiques en prenant beaucoup de cartons rouges. Zinédine Zidane en a pris quatorze... Il a l'air d'être un mec calme et gentil, qui pouvait peut-être déconnecter. À choisir, j'aurais préféré prendre quatorze cartons rouges et faire sa carrière !"